Cinq minutes. Dix minutes. Vingt minutes. Parfois davantage.
Lorsque l’on compare les prestations de différents vidéastes de mariage, la durée du film est souvent l’un des premiers éléments que l’on regarde.
Et la question paraît assez logique : est-ce qu’un film de mariage plus long permet de garder davantage de souvenirs ? Et, à l’inverse, est-ce qu’un film de quelques minutes peut réellement raconter toute une journée ?
En réalité, film court et film long ne répondent pas exactement au même besoin.
Un film de mariage court privilégie la narration, le rythme et la sélection des moments. Un film long permet de conserver davantage de la journée, généralement dans une construction plus chronologique. Les deux formats peuvent donc être complémentaires.
Il ne s’agit pas forcément de choisir entre « moins » et « plus », mais plutôt de savoir ce que l’on souhaite retrouver lorsque l’on regardera son film.
Un film de mariage court, c’est vraiment combien de temps ?
Il n’existe pas de durée universelle.
Selon les vidéastes et leur manière de travailler, un film court peut durer quelques minutes ou approcher les dix minutes.
Dans mon travail, mes films courts durent aujourd’hui généralement entre 5 et 7 minutes environ.
Cette durée n’a pas été choisie arbitrairement.
Elle s’est progressivement imposée avec l’expérience, ma manière de monter mes films, mais aussi à travers les échanges et les retours de mes mariés.
C’est une durée avec laquelle ils sont particulièrement en accord : suffisamment longue pour entrer réellement dans le mariage, retrouver les personnes, les voix, l’atmosphère et les différentes émotions de la journée, mais suffisamment resserrée pour conserver du rythme, de la fluidité et l’envie de regarder le film encore et encore.
Car c’est aussi une question importante :
un film de mariage doit-il simplement contenir beaucoup d’images, ou doit-il donner envie d’être revu ?
Quelques minutes ne signifient pas raconter moins
Une journée de mariage peut représenter dix ou douze heures de présence.
Un film de 5 à 7 minutes peut donc sembler très court en comparaison.
Mais le principe d’un film n’est justement pas d’accorder à chaque moment une durée proportionnelle à celle qu’il occupait dans la journée.
Il faut choisir.
Un regard peut parfois raconter davantage qu’une séquence entière. Quelques mots d’un discours peuvent suffire à comprendre une relation. Un plan de quelques secondes peut installer un lieu, une atmosphère ou une émotion.
Le montage consiste à trouver les images et les sons qui portent quelque chose, puis à les faire dialoguer.
C’est ce travail de sélection qui permet de condenser une journée sans nécessairement l’appauvrir.
Un film court permet aussi davantage de liberté créative
C’est un aspect dont on parle finalement assez peu lorsque l’on compare simplement des durées.
Un film court offre une grande liberté dans la manière de raconter.
Je ne suis pas obligé de suivre systématiquement :
préparatifs → cérémonie → cocktail → dîner → première danse → soirée.
Je peux commencer par une phrase prononcée plusieurs heures plus tard. Faire apparaître brièvement la fête avant de revenir à un moment beaucoup plus calme. Associer la voix d’un parent à des images du couple. Créer une respiration, accélérer brutalement le rythme ou faire revenir un élément aperçu au début du film.
La chronologie de la journée devient une matière, pas nécessairement la structure du film.
C’est là que se trouve une grande partie de la créativité du montage.
Le choix des images, leur ordre, les voix, la musique, le sound design, les ruptures et les respirations permettent de construire un film avec sa propre identité.
Le rythme ne veut pas dire aller vite tout le temps
Lorsque je parle de film dynamique, cela ne signifie pas enchaîner les plans rapidement pendant six minutes.
Un film devient justement intéressant lorsqu’il possède plusieurs rythmes.
Il peut être très énergique pendant quelques secondes, puis laisser davantage de place à une voix, un regard ou un silence.
Une musique peut monter puis disparaître presque complètement.
Une séquence très dense peut être suivie d’un plan beaucoup plus long.
Le dynamisme vient aussi du contraste.
Ce sont ces variations qui permettent au film de rester fluide et de maintenir l’attention sans donner l’impression de regarder un montage frénétique.
Un film court laisse beaucoup de liberté pour travailler cette progression.
Un film que l’on a envie de regarder encore et encore
Pour moi, c’est l’un des vrais enjeux.
Un film de mariage n’est pas seulement destiné à être regardé une première fois lorsque vous le recevez.
Il doit pouvoir être relancé quelques semaines plus tard. Puis quelques mois plus tard. Montré à des proches. Regardé à nouveau pour retrouver une voix, une ambiance ou simplement quelques minutes de cette journée.
Et c’est là que la durée prend une autre dimension.
Un film de 5 à 7 minutes est extrêmement facile à revoir.
On n’a pas besoin de se dire : « On regardera le film du mariage ce soir. »
On peut simplement le lancer.
Et lorsque le rythme fonctionne, que chaque séquence apporte quelque chose et que le film ne donne jamais l’impression de s’étirer, on arrive à la fin avec l’envie de le revoir plutôt qu’avec le sentiment d’avoir tout revu.
Cette envie de revenir au film compte beaucoup dans ma manière de penser sa durée.
Alors, à quoi sert un film de mariage long ?
À autre chose.
Le film long répond davantage à l’envie de retrouver la journée.
Des préparatifs plus développés. Davantage de cérémonie. Une séquence de cocktail qui respire davantage. Des réactions de proches. Une entrée dans la salle. Une partie plus importante d’un discours. Des moments qui n’étaient pas indispensables à la construction du film court, mais que l’on sera heureux de retrouver.
Dans ma manière de travailler, le film long est donc pensé comme un complément au film court, et non comme une version simplement étirée de celui-ci.
Il est davantage chronologique et laisse plus de place aux différents temps du mariage.
Mes films longs complémentaires durent généralement autour de 12 à 14 minutes.
Film court et film long n’ont donc pas exactement la même écriture
C’est ce qui explique que je n’aborde pas leur montage de la même manière.
Dans le film court, je cherche principalement :
le récit, le rythme, l’émotion, la créativité et la cohérence d’ensemble.
Chaque plan est sélectionné en fonction de ce qu’il apporte au film.
Dans le film long, je peux laisser davantage de temps aux séquences et respecter plus naturellement le déroulement de la journée.
Il y a donc une différence entre raconter et conserver davantage.
Les deux sont importants.
Mais ils ne nécessitent pas forcément le même film.
« Seulement six minutes après une journée entière de mariage ? »
C’est une réaction parfaitement compréhensible.
Avant d’avoir vu le résultat, on raisonne naturellement en quantité : une journée entière a été filmée, alors pourquoi le film final ne durerait-il que quelques minutes ?
Mais la durée du tournage et celle du film ne sont pas directement liées.
Pour construire un film court cohérent, il faut au contraire disposer de suffisamment de matière pour pouvoir réellement choisir.
Des regards. Des gestes. Des sons. Des réactions. Des plans larges. Des détails. Des voix. Des respirations. Des moments très calmes et d’autres beaucoup plus intenses.
Le travail de montage consiste ensuite autant à décider ce qui restera qu’à décider ce qui ne restera pas.
Cette sélection n’est pas une perte de matière.
C’est précisément ce qui permet de construire le rythme, de créer des rapprochements entre différents moments et de donner au film son identité.
→ Pourquoi les films de mariage deviennent plus courts, sans forcément raconter moins
Le son permet également de raconter beaucoup en peu de temps
Six minutes uniquement composées de belles images sur une musique et six minutes construites avec des voix, des ambiances, des silences et différentes intensités ne procurent pas du tout la même sensation.
Une phrase issue des vœux peut ouvrir une séquence.
La voix d’un parent peut donner un sens différent à des images du couple.
Un rire ou quelques secondes d’ambiance réelle peuvent nous replacer immédiatement au milieu des invités.
Le son permet de raconter énormément sans avoir besoin de tout montrer.
C’est pour cette raison qu’il occupe une place importante dans mes films.
→ Ce que le son révèle dans un film de mariage
Et si l’on veut vraiment conserver davantage ?
C’est précisément là que le film long trouve sa place.
Certains couples savent dès le départ qu’ils aiment prendre le temps de revoir les choses. D’autres accordent une importance particulière à leurs proches ou souhaitent simplement conserver davantage de moments de la journée.
Dans ce cas, associer les deux formats a beaucoup de sens :
un film court construit comme un véritable film, que l’on peut facilement regarder et revoir ;
un film long complémentaire, plus chronologique, pour retrouver davantage de la journée.
Et si votre priorité est de conserver une cérémonie ou des discours dans leur intégralité, il s’agit encore d’un autre besoin.
Un film de 12 ou 14 minutes n’a pas vocation à contenir intégralement une cérémonie d’une heure.
Une captation spécifique est alors beaucoup plus adaptée.
Film court ou film long : lequel choisir ?
La réponse dépend donc moins d’un nombre de minutes que de ce que vous attendez de vos images.
Si vous souhaitez avant tout un film créatif, fluide, rythmé, construit autour des émotions et facile à regarder encore et encore, le film court peut parfaitement se suffire à lui-même.
Si vous souhaitez également retrouver davantage de moments et de personnes dans une construction plus chronologique, le film long devient un complément intéressant.
Et vous pouvez évidemment vouloir les deux.
Avant de choisir, regardez des films plutôt que des durées
Lorsque vous comparez plusieurs vidéastes de mariage, ne vous arrêtez donc pas uniquement à une ligne indiquant :
« Film de 6 minutes »
ou
« Film de 20 minutes ».
Regardez réellement les films.
Au bout de six minutes, avez-vous l’impression d’avoir découvert quelque chose des personnes, de l’atmosphère et du mariage ?
Le film vous paraît-il trop court… ou avez-vous envie de le regarder une deuxième fois ?
À l’inverse, dans un film plus long, votre attention reste-t-elle la même ? Chaque séquence vous semble-t-elle apporter quelque chose ?
La durée est facile à comparer sur une brochure.
La fluidité, le rythme, la créativité, la narration, le son et l’envie de revoir le film le sont beaucoup moins.
[IMAGE 5 — Une image finale très vivante : couple au milieu de ses proches ou de la fête. Quelque chose qui évoque le souvenir et l’énergie de la journée plutôt qu’une image posée.]
Un film pour raconter, un autre pour conserver davantage
Avec l’expérience, c’est finalement cet équilibre qui s’est imposé dans mon travail.
Environ 5 à 7 minutes pour construire un film dense, créatif et fluide, dont chaque séquence a une raison d’être et que l’on a envie de regarder régulièrement.
Et, pour ceux qui souhaitent retrouver davantage de leur journée, un film long complémentaire d’environ 12 à 14 minutes, construit de manière plus chronologique.
L’un ne remplace pas nécessairement l’autre.
Ils répondent simplement à deux envies différentes.
L’un cherche à transformer la matière du mariage en un film. L’autre permet d’en conserver davantage.
Et le bon choix est finalement celui qui correspond à la manière dont vous avez envie de retrouver votre mariage dans quelques mois… et dans quelques années.