Cinématique. Documentaire. Éditorial. Naturel. Authentique. Émotionnel. Narratif.
Lorsque l’on cherche un vidéaste de mariage, ces mots apparaissent partout : sur les sites, les réseaux sociaux, dans les brochures ou les descriptions des films.
Ils permettent de donner une première idée d’un univers. Mais ils peuvent aussi créer une certaine confusion.
Parce qu’un film documentaire peut être extrêmement esthétique. Un film naturel peut demander énormément de travail. Un film éditorial n’est pas nécessairement posé. Et un film narratif ne signifie pas que l’on invente une histoire.
Ces mots ne décrivent donc pas forcément des catégories entre lesquelles il faudrait choisir.
Ils parlent plutôt de différentes dimensions d’un film.
Et pour savoir si le travail d’un vidéaste vous correspond vraiment, il est souvent plus intéressant de regarder comment ces dimensions coexistent que de chercher l’étiquette qui définit son style.
Un film « cinématique » : de quoi parle-t-on vraiment ?
C’est probablement l’un des termes les plus utilisés pour parler de vidéo de mariage.
Et pourtant, il n’existe pas une définition unique du « film de mariage cinématique ».
On pense généralement à une image particulièrement travaillée : la lumière, les compositions, les mouvements, les focales, la profondeur de champ, la musique, la colorimétrie…
Tout ce qui contribue à donner au film une véritable identité visuelle.
Cette dimension esthétique compte énormément.
Un cadre approximatif, une image qui bouge sans raison ou une colorimétrie qui change brutalement d’un plan à l’autre peuvent nous sortir immédiatement d’un film.
Mais une image magnifique ne raconte pas nécessairement quelque chose.
On peut filmer un couple dans une lumière extraordinaire, au milieu d’un paysage spectaculaire, et obtenir une image superbe.
Cela ne nous apprend pas forcément qui sont ces deux personnes.
L’esthétique donne une forme au film. Elle ne suffit pas toujours à lui donner du sens.
« Documentaire » ne signifie pas laisser tourner une caméra
Le terme documentaire peut presque donner l’impression inverse.
On imagine parfois une caméra qui se contente d’enregistrer ce qui se passe, sans intervention et sans véritable construction visuelle.
Pourtant, une approche documentaire peut être extrêmement travaillée.
Ne pas provoquer une situation ne signifie pas ne pas faire de choix.
Où se placer ?
Quelle focale utiliser ?
Faut-il rester proche ou prendre de la distance ?
Quelle personne observer ?
Que risque-t-il de se passer dans quelques secondes ?
Quel arrière-plan permettra de conserver une image lisible ?
Faut-il changer de position maintenant pour être prêt lorsque quelque chose commencera ?
Toutes ces décisions existent avant même d’appuyer sur le bouton d’enregistrement.
La différence est simplement que l’on essaie de s’adapter à ce qui se passe plutôt que de demander à ce qui se passe de s’adapter à la caméra.
C’est une approche à laquelle j’accorde beaucoup d’importance pendant un mariage.
Je préfère généralement anticiper un moment plutôt que demander de le reproduire.
Un film naturel n’est pas un film brut
C’est probablement l’une des confusions les plus intéressantes.
Lorsque l’on dit qu’un film paraît naturel, cela ne signifie pas qu’il n’a pas été travaillé.
Bien au contraire.
Une image spontanée peut avoir été anticipée quelques secondes auparavant.
Elle peut avoir été soigneusement cadrée.
Sa colorimétrie peut avoir été travaillée pour rester parfaitement cohérente avec le reste du film.
Le son peut avoir été nettoyé, équilibré et mélangé à une ambiance enregistrée ailleurs.
Et au montage, plusieurs heures de matière peuvent avoir été nécessaires pour sélectionner quelques secondes.
Le travail peut être invisible sans être absent.
C’est même souvent ce que je recherche.
La technique, le cadre, la colorimétrie ou le montage ne devraient pas devenir les personnages principaux du film.
Ils sont là pour permettre au spectateur de rester avec les personnes et ce qu’elles sont en train de vivre.
« Éditorial » ne veut pas forcément dire posé
Le mot éditorial vient davantage de l’univers de la mode et de la photographie.
Dans un mariage, il peut se traduire par une attention particulière portée aux compositions, aux matières, à l’architecture, aux vêtements, aux détails ou à une esthétique plus affirmée.
Parfois par des images plus graphiques.
Des cadrages inhabituels.
Un noir et blanc.
Une silhouette.
Un mouvement.
Un détail qui n’a pas forcément besoin de raconter quelque chose immédiatement mais qui participe à l’identité visuelle du film.
Cela ne signifie pas pour autant que tout doit être mis en scène.
Une image éditoriale peut parfaitement apparaître au milieu d’un moment totalement spontané.
C’est même ce mélange que je trouve intéressant.
L’esthétique n’est alors plus une parenthèse séparée du réel.
Elle devient une façon de le regarder.
« Émotionnel » ne signifie pas chercher les larmes
Un film de mariage est évidemment lié à l’émotion.
Mais l’émotion ne se limite pas aux larmes.
Elle peut être spectaculaire.
Elle peut aussi être presque invisible.
Un énorme éclat de rire pendant un discours.
Une tension quelques secondes avant une cérémonie.
Une grand-mère qui prend la parole.
Un père qui ne sait pas vraiment quoi dire.
Des amis qui hurlent pendant une entrée.
Un silence.
Une main qui cherche une autre main.
Une salle entière qui change d’énergie en quelques secondes.
L’émotion n’est pas une esthétique. C’est une matière.
Et cette matière est différente à chaque mariage.
C’est aussi pour cette raison que je préfère la chercher dans ce qui se passe réellement plutôt que d’essayer de la fabriquer pour le film.
Un film narratif n’invente pas une histoire
Le terme « narratif » peut lui aussi prêter à confusion.
Construire une narration ne signifie pas décider avant le mariage de l’histoire que les personnes vont devoir jouer.
Dans un film de mariage, l’histoire existe déjà.
Elle se trouve dans les relations.
Dans ce qui est dit pendant une cérémonie.
Dans les discours.
Dans les gestes.
Dans les regards.
Dans la manière dont deux personnes interagissent.
Dans leurs proches.
Et parfois dans tout ce qui existait avant le mariage.
Le travail narratif consiste à identifier cette matière puis à trouver comment la relier.
Une phrase prononcée pendant le dîner peut ainsi accompagner des images filmées pendant les préparatifs.
Un geste aperçu au début du film peut trouver un écho plusieurs minutes plus tard.
Une voix peut créer un lien entre deux moments qui étaient séparés de plusieurs heures dans la journée.
Le montage permet de construire ces rapprochements.
L’histoire n’est pas inventée. Sa manière d’être racontée, elle, est construite.
Et « authentique », alors ?
C’est probablement le mot le plus difficile à définir.
Parce qu’un film ne devient pas authentique simplement parce qu’on le décrit ainsi.
Pour moi, l’authenticité se trouve plutôt dans l’écart entre ce que les personnes sont réellement et ce que le film leur demande de devenir.
Si un couple est très démonstratif, le film peut l’être aussi.
S’il est beaucoup plus réservé, il n’y a aucune raison de lui demander de jouer une proximité ou une exubérance qui ne lui ressemble pas.
Certains mariages sont extrêmement élégants et posés.
D’autres sont bruyants, drôles, désordonnés et débordants d’énergie.
Certains passent constamment de l’un à l’autre.
Le film peut conserver une identité visuelle reconnaissable tout en laissant suffisamment de place à ces différences.
C’est précisément ce qui évite de fabriquer le même film avec des personnes différentes.
Alors, quel style de film de mariage faut-il choisir ?
Peut-être qu’il ne faut justement pas commencer par choisir une étiquette.
Lorsque vous regardez le travail d’un vidéaste, essayez plutôt d’observer ce qui se passe réellement dans ses films.
Les images sont-elles belles uniquement lorsqu’il contrôle la situation ou également lorsque les événements deviennent imprévisibles ?
Les personnes semblent-elles conscientes de la caméra ?
Les films vous permettent-ils de comprendre quelque chose des couples ou uniquement de découvrir de très belles images de leur mariage ?
La colorimétrie reste-t-elle cohérente entre une chambre sombre, une cérémonie en plein soleil et une soirée ?
Le son réel a-t-il une place ?
Le rythme varie-t-il ?
Les films se ressemblent-ils tous ou conservent-ils quelque chose de propre à chaque couple ?
Et surtout :
qu’avez-vous ressenti après avoir regardé le film en entier ?
C’est souvent beaucoup plus révélateur qu’une succession de qualificatifs.
Un beau film ne suffit pas toujours
L’esthétique reste essentielle dans mon travail.
Je veux une image maîtrisée, des cadres choisis, une colorimétrie cohérente du début à la fin et un film qui possède une véritable identité visuelle.
Mais je ne veux pas que cette esthétique efface ce qui s’est réellement passé.
De la même manière, je recherche les moments naturels sans considérer qu’une image spontanée devrait être approximative.
Et je construis une narration sans chercher à imposer aux personnes une histoire qui ne serait pas la leur.
Je ne cherche donc pas vraiment à choisir entre un film cinématique, documentaire, éditorial, émotionnel ou narratif.
Je préfère chercher l’endroit où ces différentes dimensions peuvent se rencontrer.
Une image travaillée sans qu’elle prenne le dessus sur ce qui est en train de se vivre.
Une colorimétrie cohérente sans devenir un effet.
Un montage construit sans donner l’impression de fabriquer une histoire.
De l’émotion sans avoir besoin de la provoquer.
Esthétique, réel et narration
C’est finalement ainsi que je définirais le plus simplement ma manière d’aborder un film de mariage.
L’esthétique lui donne une forme.
Le réel lui donne sa matière.
La narration permet de relier les deux.
Et lorsque ces trois éléments fonctionnent ensemble, les mots utilisés pour définir le style deviennent peut-être un peu moins importants.
Le film doit avant tout vous permettre de reconnaître quelque chose.
Pas seulement votre lieu, votre décoration ou les vêtements que vous portiez.
Mais les personnes que vous étiez et ce qui était réellement en train de se passer autour de vous.
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→depuis une occurrence naturelle dans le texte ou la conclusion → article : Bien choisir son vidéaste de mariage : au-delà du style]